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La grande majorité des salariés a peut-être compris que le syndicalisme, tel du moins qu'il est pratiqué, aboutit à une condamnation de leur entreprise. Nous ne vivons plus dans une société de fabrication, où les travailleurs sont des numéros rendus interchangeables par le taylorisme, et où le syndicat est l'ultime rempart pour rendre au travailleur sa nature humaine.
Mais depuis, le monde a évolué ; la force d'une entreprise repose sur la contribution de ce que peuvent apporter chaque salarié du plus haut gradé au plus humble et il n'y a plus besoin d'un intercesseur comme il y a 50 ans.
Pouvons-nous nous passer de syndicalisme ?
La réponse est clairement non.
Il y aura toujours des progrès sociaux nécessaires et le patronat ne peut être seul à en décider. La question est : quel syndicalisme ?
Celui qui s'oppose à toute réforme ?
Ou donc l'unique credo est la lutte des classes ?
Ou un syndicalisme de progrès, fondé sur le réalisme ?
Les résultats immédiats d'une négociation ne sont pas tout. Il faut qu'ils puissent être durables en étant compatibles avec la poursuite de l'activité des entreprises.
Les nombreux salariés qui ne sont pas extrêmistes se sont aperçus que les exigences démagogiques des syndicats ne préservaient pas les intérêts à long terme des salariés.
Après tout, le syndicalisme est un produit comme un autre. Si le produit est mauvais, les acheteurs s'éloignent.

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